Search and sort

Le monde sans frontières de Valerio

2015-09-14 Dans son projet, Valerio Vincenzo explore le paysage d’une Europe qui, depuis vingt ans, a opté pour la liberté de circulation. Ses photos ont toutes été prises sur pellicule avec des appareils Hasselblad vintage.

Tandis que la liberté de circulation en Europe fait régulièrement la Une de la presse, Valerio Vincenzo (qui a délibérément choisi de vivre entre Paris, Milan et les Pays-Bas) s’est lancé dans un projet à long terme consistant à documenter les 16.500 kilomètres de frontières de l’UE qui, ces vingt dernières années, ont été largement redondantes.

BORDERLINE, THE FRONTIERS OF PEACE.

Frontière germano-autrichienne, Jungholz, 2012.  

Depuis les accords de Schengen en 1995, la majorité des résidents de l’UE, au-delà de pouvoir se déplacer librement dans les pays membres, ont également la possibilité de vivre et travailler dans la plupart d’entre eux, s’ils le souhaitent. Pour Valerio, c’est « probablement l’événement historique le plus important en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Fervent adepte de la liberté de circulation, Valerio a décidé de la mettre à l’honneur dans le travail photographique de grande ampleur qu’il a entrepris voici déjà huit ans. Ce projet l’a amené à se rendre dans de nombreux endroits tels que des bâtiments douaniers désaffectés ou des plages et forêts reculées formant la frontière entre ces différents pays, pour que ses images induisent un questionnement quant à l’authenticité des frontières géographiques et des identités nationales. Il a réalisé toutes ses prises de vues sur pellicule avec des appareils Hasselblad vintage. C’est d’ailleurs un des paramètres que Valerio a choisis pour mettre de la cohérence et de la personnalité à travers son œuvre.

BORDERLINE, THE FRONTIERS OF PEACE.

Frontière hispano-portugaise, à proximité de Soutelinho da Raia, 2010.  

« J’utilise deux appareils, explique-t-il, un 500C/M datant de 1982 et un 500C de 1964.  Bien que le C/M soit le plus récent des deux, c’est le C que j’utilise le plus, pour une raison très personnelle: j’adore tout simplement le bruit qu’il fait quand j’appuie sur le déclencheur. J’aime par ailleurs être obligé de me limiter aux 12 images de la bobine de film. Cela m’oblige à réfléchir davantage à ce que je fais, et je suis ravi de ne pas pouvoir visualiser instantanément mes images. J’utilise beaucoup le numérique pour les reportages de presse parce que c’est très confortable de pouvoir voir sur place ce qu’on a photographié, mais parfois, cela m’amène à me disperser. »

BORDERLINE, THE FRONTIERS OF PEACE.

Frontière franco-belge, bâtiment de douane reconverti en magasin de pralines Leonidas, route D60 à l’est de Bray-Dunes, 2007. 

Toutefois, Valerio est à présent prêt pour un changement de paradigme, en montant un dos numérique Hasselblad CFV-50c CMOS sur son 500CM. Il est en outre très curieux de voir ce que cette combinaison va changer dans son travail. « Ce qui m’attire le plus dans ce dos, c’est la possibilité de travailler à des sensibilités ISO élevées, déclare-t-il. Au moment où la lumière change, je n’ai habituellement pas d’autre choix que de changer de pellicule, ce qui est toujours un peu périlleux. Ce dos va me permettre de changer simplement le paramétrage ISO et de poursuivre mon travail – quel progrès! »

BORDERLINE, THE FRONTIERS OF PEACE.

Frontière germano-polonaise, entre Świnoujście et Seebad Heringsdorf, 2012. 

BORDERLINE, THE FRONTIERS OF PEACE.

Frontière lituano-polonaise, entre Berzniki et Pazapsiai, 2010. 

Borderline: The Frontiers of Peace est désormais une exposition en plein air de 50 photos grand format, à découvrir au siège de l’UNESCO à Paris du 7 au 30 septembre 2015. Et pour autant que le financement soit trouvé, ce projet fera également l’objet d’un livre.

Pour plus d’informations:

www.valeriovincenzo.com

Modèle d’appareil
Durée d’exposition
Ouverture
ISO
Mode d'exposition
Exposition automatique Exposition manuelle Autobracketing
Photographe